1957 - 58, c'est l'année merveilleuse de Lacan, celle où il
invente de faire de l'OEdipe freudien une métaphore et du phallus un signifiant
- où il oppose dans la parole la demande et le désir, distinction très
sophistiquée et très simple à la fois - où il écrit ses grands textes sur la
psychose, la signification du phallus, la direction de la cure, sans compter son
article sur André Gide - où il construit méthodiquement les étapes de son "graphe
du désir", sommet du volume de ses Ecrits. On voit ici rougeoyer la forge d'où
sortirent dans un nuage d'étincelles les concepts les mieux frappés, les plus
opératoires, du plus grand des freudiens. Le néophyte y trouvera à s'introduire
à la psychanalyse au grand galop : un diable d'homme le prend en croupe et
l'emporte dans une cavalcade échevelée où alternent les rires et les graphes. Au
départ, ce sont sept leçons sur le mot d'esprit, drôles et savantes, et
l'ensemble en garde un air de gaieté, de gai savoir, jusqu'au terme, où vient
l'étude de la cure d'une patiente obsessionnelle. Les amis sont là : Lacan
rapporte une conversation avec Jakobson, une autre avec Lévi-Strauss, une
histoire de Queneau, le mot d'une jeune fille bien élevée ; il moque gentiment
Dolto, commente la dernière plaquette de Leiris, raconte Le Balcon de Genet. Il
se montre discrètement gaulliste le 18 juin... Aristophane et Molière sont aussi
de la partie. Ses portraits de névrosés seraient d'un La Bruyère de la
psychanalyse s'ils n'étaient aussitôt "formalisés". Gageons que, paraissant
quarante ans après la tenue du séminaire, ce livre d'un précurseur sera plus
facilement lisible par le public du nouveau siècle.
LE PARLER QUEBECOIS - GUIDE DE CONVERSATION POUR LES NULSVocabulaire, grammaire, conjugaison : maîtrisez le parler québécois et vous serez accueilli avec le sourire au Québec ! Ce petit guide du parler québécois ravira les amoureux de la langue française qui veulent connaître la signification et l'origine de tout le vocabulaire du Québec au-delà des expressions les plus célèbres. Il comblera également tous ceux qui prévoient de partir dans la belle province, actifs ou étudiants qui apprendront à maîtriser les formules et la syntaxe québécoise afin de s'intégrer plus rapidement sur place. Enfin, les touristes de retour d'un voyage au Québec, séduits et nostalgiques de l'accent et des expressions locales, pourront rapporter un souvenir de ce qu'ils ont entendu pendant leur séjour.440/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2502002046508
PERSISTANCE DU MERVEILLEUXIl y a bien longtemps que nous, Occidentaux, ne percevons plus, dans les forêts, les montagnes et les lacs, la présence de toutes ces entités du merveilleux que sont les fées, les gnomes, les hommes des bois ou les esprits divers. Ces créatures s'en sont progressivement retirées. Faut-il pour autant en conclure, comme il est tentant de le faire, à un désenchantement ? Nous passons en réalité notre temps à interagir avec tout un bestiaire d'entités méconnues et plus ou moins bienveillantes, notamment dans notre environnement numérique. Pensons aux trolls perturbant les échanges en ligne, aux " daemons ", ces petits programmes qui font tourner nos systèmes d'exploitation, aux créatures de jeux vidéo ou à ces nouveaux monstres que sont les intelligences artificielles. Sans parler des cas plus évidents de rumeurs de fantômes qui hantent les machines. Ce petit peuple habite nos ordinateurs et nos téléphones. Il forme notre mythologie moderne. Qui est là derrière nos écrans ? Quel lien nous unit aux figures de ce bestiaire moderne ? Nicolas Nova propose ici d'observer la manière dont nous dialoguons avec elles. Il montre ainsi que loin d'être désenchanté, notre monde actuel peut et doit être lu comme un lieu dans lequel persiste le merveilleux.1,210/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2502002034702
LE NOEUD DEMOCRATIQUE - AUX ORIGINES DE LA CRISE NEOLIBERALELe désenchantement du monde n'avait pas livré tous ses secrets. Il comportait une suite que l'on n'attendait pas. On le croyait achevé. Il n'en était rien. Il est allé silencieusement à son terme au cours des quatre ou cinq dernières décennies. La sortie de la structuration religieuse des sociétés a libéré cette fois toutes ses potentialités en engendrant un "nouveau monde" déconcertant. L'étrange crise de la démocratie qui affecte le monde occidental en est un des aspects les plus troublants. Elle est l'opposé exact de la crise totalitaire qui a ravagé le premier XXᵉ siècle. Celle-ci avait pour moteur l'aspiration à détruire la démocratie dite "bourgeoise" pour lui substituer des régimes supérieurs. La crise actuelle, à l'inverse, touche une démocratie dont les principes sont plébiscités, mais dont le fonctionnement n'en suscite pas moins une immense frustration et des fractures profondes au sein des peuples. Cette "crise de la réussite", comme il y eut un "vertige du succès" stalinien, est liée, montre Marcel Gauchet, à une lecture trompeuse de la nouvelle structuration collective née de l'effacement complet de l'empreinte sacrale. Elle induit une vision réductrice de la nature de la démocratie, aveugle au noeud qui tient ses éléments ensemble. Il faut la dire "néolibérale", dans un sens qui va bien au-delà de l'économie, même si elle consacre le règne de l'économie, puisqu'elle concerne tous les domaines de l'existence collective et en propose même un modèle global. Mais à l'exemple de l'expérience totalitaire en son temps, cette expérience qui en prend le contrepied a la vertu de mettre en lumière des conditions jusqu'alors mal identifiables de la bonne marche de nos régimes. C'est en fonction de ses enseignements que devra se repenser la démocratie de l'avenir.1,100/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2412002012140
Pendant qu’Ulysse parcourt le monde et enchaîne les exploits, Pénélope demeure immobile, tisse et détisse son ouvrage, restant au passage fidèle à son époux. Quand l’homme part, la femme attend son retour. Les femmes étant historiquement des êtres captifs, le voyage est l’un des moyens les plus symboliques pour qu’elles s’affranchissent de leur condition. S’inspirant des histoires vraies de la littérature de voyage et de son expérience personnelle, l’autrice dénonce la vision masculine de l’aventure et rappelle les récits flamboyants de célèbres exploratrices. Un essai passionnant qui s’adresse aux femmes qui sont déjà parties et à celles qui n’oseraient pas encore.
Voyageuse au long cours, Lucie Azema a vécu au Liban, en Inde et en Iran. Elle vit désormais entre la France et la Turquie.
« On ne naît pas femme libre, on le devient. » L'Obs « S’inspirant de la littérature de voyage et de son parcours personnel, elle porte un regard féministe et décolonial sur les récits d’aventures tels que nous les connaissons. » Le Temps « Les récits de voyage ont longtemps imposé le regard subjectif de l’homme occidental comme vérité sur le monde. Lucie Azema propose une critique de cette tradition et les clés d’une approche émancipatrice de l’aventure. » Lire520/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2412002005677