Ce ne sont ni des mémoires ni une somme autobiographique. C'est juste un homme qui parle. Mais pas n'importe-qui : Daniel Wildenstein, 82 ans, empereur et patriarche des marchands d'art. Basée à New York, la Wildenstein Inc s'adosse à un stock évalué en milliards de dollar, qui balise près de six siècles de peinture. Petit-fils de Nathan, fils de Georges, "Monsieur Daniel", c'est ainsi qu'on l'appelle à son institut ou sur les hippodromes, est donc le troisième maillon de la dynastie de marchands de tableaux la plus puissante au monde et la plus secrète qui soit.
Depuis près d'un demi-siècle et du bout des lèvres, Daniel Wildenstein n'acceptait de parler que de ses chevaux. De rien d'autre. Il ne réponsait à aucune question, à aucune attaque, à aucune polémique. Une véritable abstraction vivante. Pour la première fois de son existence, il a brisé son mutisme légendaire.
Aujourd'hui, il nous raconte "quelques petites choses vues, entendues ou vécues". Passent alors dans le paysage : Clemenceau, Picasso, Maurice de Rothschild, Randolphh Hearst, Bonnard, Malraux, Paul VI et "quelques" autres... Daniel Wildenstein nous convie à une promenade intime, à travers des instants de sa vie, des portraits, des récits, des éclairages, des révélations, des réflexions. Et promène son oeil aigu de faucon pèlerin sur la fabuleuse planète des arts.
"UN JOUR, ILS AURONT DES PEINTRES" - L'AVENEMENT DES PEINTRES AMERICAINS (PARIS 1867 - NEW YORK 1948Tout commence à Paris, le 1ᵉʳ juillet 1867, dans les fastes de l'Exposition Universelle : après la guerre de Sécession, les paysagistes d'outre-Atlantique, qui forment la première véritable école de leur pays, retrouvent, optimistes, le chemin de l'Europe. Mais les critiques français leur réservent ricanements et sarcasmes : "Cette exposition est indigne des fils de Washington. Au milieu de nos vieilles civilisations, les Américains font l'effet d'un géant fourvoyé dans une salle de bal." Les peintres souhaitaient être reconnus dans le saint des saints de l'art contemporain. Ils comprirent immédiatement qu'ils n'avaient pas le choix : il fallait céder au goût français, puisque le goût français régnait sur le monde. Du géant, ils avaient les matières premières : l'espace géographique, les moyens économiques, le dynamisme. Pour le reste, les arts plastiques notamment, ils se rendaient bien compte qu'ils accusaient, face aux Européens, un énorme décalage. Leur humiliation à l'Exposition Universelle aiguillonna leur combativité. Et si les fils de Washington relevaient le défi ? L'épopée des peintres américains racontée par Annie Cohen-Solal nous transporte de Paris à New York, de Giverny à Chicago, de Pont-Aven à Taos, au Nouveau-Mexique, et s'achève à la Biennale de Venise, en 1948, lorsque sont présentées, pour la première fois en Europe, huit toiles de Jackson Pollock, un artiste inconnu des Européens de l'époque, mais bientôt célébré dans le monde entier comme le premier véritable maître américain.1,820/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2604002192742
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